Bienvenue à l'heure du Krach Educatif !

Publié le par OverBlog

Le livre d'Antoine Bodin et Jean-Pierre Boudine est paru.

Ces deux "vieux profs" ont rassemblé là des analyses, des expériences, et surtout des propositions qui décoiffent.

Témoigner, protester, c'est bien. Dire quoi faire, et par où commencer, c'est plus difficile.

Par où commencer ? Dans l'urgence ? Dès maintenant ?

D'abord, tout de suite, annuler la réforme catastrophique de la formation des maîtres. Rétablir l'année de formation en alternance classe/IUFM. C'est le minimum absolu. Inversement, saper aujourd'hui la formation des maîtres, c'est de manière certaine détruire l'enseignement de demain et renforcer une spirale descendante hélas déjà bien amorcée.

Comment continuer ? Toujours dans l'urgence ?

Définir autrement les programmes des grands examens nationaux, qui doivent devenir des rendez-vous, et adopter, pour l'évaluation des élèves, des méthodes sérieuses.

Ensuite ? Donner une large autonomie aux établissements dans la manière d'amener leurs élèves à ces rendez-vous.

Voilà trois axes...mais lisez le livre : il contient trente-deux propositions précises.

 

Pour un socle de base qui contienne des éléments pratiques ; pour un collège pluriel plutôt qu'unique ; pour une redéfinition des missions des inspections, afin de leur trouver une utilité réelle...pour l'enseignement intensif de l'anglais...etc.

 

Certains disent : le système éducatif sait former les élites, mais pas les jeunes défavorisés. Et pour d'autres, au contraire, le système s'acharne à soutenir des élèves trop faibles tandis qu'il laisse à eux-mêmes les trois quarts des élèves les plus doués.

Nos auteurs rejoignent les deux camps, ou les renvoient dos à dos, comme on voudra. Ils prouvent que notre système éducatif est incapable de fournir à la masse des élèves une bonne formation de base et, dans le même temps, gâche la presque totalité des talents qui viennent s'assoir sur les bancs des écoles.

 

Par dessus tout, l'école est un organisme vivant. Il souffre d'une maladie dont il faut comprendre qu'elle est fortement évolutive. L'absentéisme, les incorrections, les violences sont des symptômes. Déjà, de nombreux jeunes diplômés mettent la carrière d'enseignant très loin dans la liste de leurs possibles ambitions. Déjà des enseignants, malgré le chômage, prennent le risque de changer de métier. L'école ne va pas vers un "moins bien", elle va vers un effondrement.

L'école est-elle déjà une cause perdue ? Peut-être pas. Il existe en France non seulement des élèves, des enseignants, des parents qui veulent défendre l'école, mais aussi des décideurs qui comprennent qu'un système éducatif en ruine aggrave la décrépitude des activités industrielles et économiques.

Les paramètres de la situation permettent de comprendre que, par exemple, le recrutement des "grandes écoles" ne suffit pas, et d'ailleurs se détériore. Il faut élargir la base. Il faut un aggiornamento.

GK

 

 

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